Meisterwerke aus Odesa — une rencontre avec l'Ukraine à Heidelberg
- Ivanna Pinyak
- 29 oct.
- 2 min de lecture
Parfois, l’art vient à notre rencontre au moment où l’on s’y attend le moins.
C’est ce qui m’est arrivé à Heidelberg. En marchant dans la vieille ville, au milieu des passants et des façades colorées, mon regard a été attiré par une grande affiche jaune :
« Meisterwerke aus Odesa – Chefs-d’œuvre d’Odessa ».
Impossible de continuer mon chemin.
Derrière les portes du Kurpfälzisches Museum, une exposition temporaire présente les trésors du Musée d’art occidental et oriental d’Odessa, l’une des plus riches collections d’Ukraine.
Cette rencontre n’est pas seulement un échange culturel — c’est un geste silencieux de résistance, une manière de dire au monde que l’art ukrainien vit, voyage et témoigne, même en temps de guerre.
Mon coup de cœur — Alessandro Magnasco
Parmi les œuvres venues d’Odessa, celles d’Alessandro Magnasco m’ont particulièrement touchée.
Peintre italien du XVIIIᵉ siècle, il compose ses scènes d’un pinceau vif et nerveux, laissant au centre du tableau une zone de vide, de silence.
Le regard s’y perd, cherchant des silhouet
tes humaines : moines, comédiens, vagabonds…
Une humanité étrange, grotesque parfois, mais intensément vivante.
L’atmosphère
L’accueil au musée est chaleureux.
Les visiteurs se voient proposer des audioguides en allemand, français et ukrainien — un détail simple, mais profondément symbolique : un geste d’attention et de respect envers ceux dont la culture est aujourd’hui menacée.
Dans une salle voisine, un écran diffuse des images des frappes russes, des destructions, des opérations de secours, et les photos de la cathédrale de la Transfiguration d’Odesa, aujourd’hui partiellement détruite.
Le contraste est bouleversant : la beauté et la douleur se côtoient, l’art et la guerre dialoguent sans jamais se confondre.
L’art qui résiste
L’exposition « Meisterwerke aus Odesa » se tient à Heidelberg du 19 octobre 2025 au 22 mars 2026.
Mais au-delà du calendrier, elle raconte une histoire bien plus vaste : celle d’un peuple dont la culture traverse les frontières et le temps, malgré la violence.

🇺🇦 À Heidelberg, l’art d’Odessa parle au monde — et rappelle que la lumière persiste, même dans l’obscurité.






















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